Chaque espèce a développé des sens intrinsèques à ses besoins spécifiques, issus de l’évolution, ses sens lui permettent de percevoir le monde différemment d’une autre espèce et lui permettent de s’adapter à son milieu de vie. L’environnement sensoriel propre à une espèce ou bien à un individu, est appelé Umwelt. Nous pouvons traduire cette notion par  « monde propre » en français. Chez le lapin (Oryctolagus cuniculus), ses 5 sens ont donc évolués pour qu’il puisse s’adapter au mieux à son milieu de vie : 

– L’ouïe : 50 à 85 000 Hz (perçoit les ultrasons)

Grâce à ses grandes oreilles, le lapin peut détecter efficacement les bruits environnants. Ce qui lui permet de détecter de potentiels prédateurs et de rester en état d’alerte, étant un animal « proie », l’ouïe se montre un atout de taille dans sa survie. Ses oreilles représentent jusqu’à 12% de sa surface corporelle et elles sont composées de nombreux petits vaisseaux sanguins qui lui permettent également d’abaisser sa température corporelle. Les oreilles du lapin ont donc une fonction de thermorégulation. De plus, la position de ses oreilles est un bon indicateur de son humeur. 

– L’odorat : 50 à 100 millions de récepteurs sur sa muqueuse olfactive

Le lapin a un très bon odorat, cela joue un rôle social dans la communication entre lapins. Il possède 3 glandes odoriférantes : les glandes mentonnières (sous le menton), les glandes inguinales (situées au niveau du pénis ou de la vulve) et les glandes anales (au niveau de la zone anale). Les mâles ont tendance à plus marquer leur territoire que les femelles et les dominants marquent plus que les dominés. Afin de préserver leur odorat, il est préférable de ne pas utiliser de diffuseurs d’odeurs ou de litières parfumées dans leur environnement.

Le lapin perçoit les phéromones grâce à l’organe de Jacobson. 

– Le goût : 17 000 cellules gustatives 

Le lapin possède de nombreuses cellules gustatives qui lui permettent de distinguer le salé du sucré et l’acide de l’amer. Le lapin apprécie en général ce qui est sucré (comme les fruits) ou amer (comme les endives). Ses préférences alimentaires sont assez marquées et il sait très bien faire quand un aliment ne lui plaît pas. Lorsqu’on présente un nouvel aliment à un lapin, il le renifle longuement pour commencer, le touche avec ses babines, puis il le goûte. Le lapin peut se montrer méfiant face à un nouvel aliment. 

Le toucher : présence de vibrisses

Le lapin possède des vibrisses qui lui permettent de se situer dans l’espace, compensant son angle mort et lui permettant de se repérer dans des endroits sombres. Les vibrisses fonctionnent comme des radars. Il utilise également ses vibrisses pour toucher et repérer ses aliments situés devant lui. Le toucher participe aux relations intra- et interspécifiques par le contact (toucher, câliner, toiletter,…). 

– La vue : 340° binoculaire 

Le lapin a ses yeux situés sur les côtés de sa tête, comme une grande partie des proies dans la nature. Cela lui permet d’avoir un champ de vision binoculaire très large d’environ 340°, il voit quasiment tout autour ce qui est essentiel à sa survie pour mieux repérer les prédateurs. Le lapin a néanmoins un angle mort, juste devant son nez. Le lapin voit essentiellement le monde qui l’entoure en nuances de bleu/vert et il voit assez bien dans la nuit. 

Il est nécessaire de prendre en compte les sens intrinsèques de nos animaux de compagnie, afin de mieux les comprendre. L’étude des 5 sens du lapin nous permet de savoir comment il perçoit son environnement. Il faut observer et prendre du recul sur nos sens d’humain pour analyser comment notre lapinou perçoit et évolue dans son milieu de vie avec ses propres sens.